Votre entreprise fonctionne. Alors où part votre performance ?
La "déperformance" n'est pas toujours une baisse des résultats visibles.
C'est parfois une érosion silencieuse de l'efficacité collective.
Pendant longtemps, on a pensé que la « déperformance » se voyait immédiatement : baisse du chiffre d'affaires, dérive budgétaire, perte de clients, résultats qui chutent. Mais dans la réalité des entreprises, ça se passe rarement comme ça.
La « déperformance » commence souvent bien avant. Et surtout, elle s'installe à bas bruit.
Je repensais récemment à un projet de benchmark CRM. Sur le papier, tout était carré : budget validé, prestataire externe missionné, IT mobilisée, planning projet, comités de suivi… Les indicateurs étaient bons. Le projet avançait.
Puis arrive la restitution.
Et là, les équipes commerciales et relation client découvrent réellement le sujet. Pas d'atelier métier en amont. Pas de travail sur les usages terrain. Pas de réflexion collective sur la réalité opérationnelle.
Très vite, les métiers expliquent que les outils sélectionnés ne collent pas réellement aux usages.
Donc nouveau benchmark. Nouveaux échanges. Nouveaux arbitrages. Puis l'IT et les achats reviennent avec leurs contraintes de conformité et d'intégration.
Et l'organisation recommence une partie du travail.
Le plus intéressant dans cette histoire, c'est que personne n'a mal travaillé.
Le prestataire a fait son travail. L'IT aussi. Les métiers aussi.
Et pourtant, l'entreprise a commencé à « déperformer ».
Parce que pendant que plusieurs équipes retravaillaient le même sujet, elles ne travaillaient pas sur autre chose. Et ça, aucun indicateur ne le montre vraiment.
Dans le P&L, on verra un budget prestataire, des salaires déjà absorbés dans les charges habituelles, éventuellement un retard projet.
Mais on ne verra jamais clairement la capacité de décision immobilisée, l'énergie managériale consommée, les doubles travaux, la fatigue collective… ni surtout la valeur que l'organisation aurait pu produire ailleurs pendant ce temps.
C'est souvent comme ça que commence la « déperformance ».
Pas par une crise. Par une érosion progressive de la fluidité, de la cohérence et de la vitesse de décision.
Petit à petit, l'organisation consomme davantage d'énergie pour produire le même niveau de résultat. Et le plus dangereux, c'est que cela finit souvent par devenir normal.
Quand la Conscience collective baisse, l'organisation ne voit plus les conséquences systémiques de ses décisions.
Quand la Réciprocité disparaît, les métiers sont consultés trop tard.
Quand l'Exactitude manque dans le cadrage initial, les besoins réels réapparaissent au pire moment.
Et cette érosion silencieuse apparaît rarement dans les tableaux de bord.
C'est CLeRE.